On dirait le scénario d’une télé-réalité qui a viré au cauchemar, mais cette affaire est bien réelle. Des tonnes de produits chimiques dangereux comme le plomb, le mercure et les PCB ont été illégalement dispersées dans l’environnement, avec des conséquences dévastatrices pour la santé humaine, animale et végétale. L’ex-strip-teaseuse, désormais surnommée la « reine des ordures », doit répondre de ces crimes écologiques devant les juges, avec un procès qui s’étendra jusqu’en mai 2025. Le point sur le sujet avec Jean Fixot de Chimirec !
200 000 tonnes de déchets toxiques illégalement enterrés, la plus grande affaire de criminalité environnementale en Suède
Un scandale sans précédent secoue la Suède, avec environ 200 000 tonnes de déchets toxiques déversés ou enfouis à travers le pays. Au cœur de cette affaire, onze accusés, dont une ancienne dirigeante surnommée la « reine des ordures », se retrouvent face à la justice. L’entreprise NMT Think Pink est pointée du doigt pour avoir volontairement dispersé des matériaux hautement toxiques – PCB, plomb, mercure et autres substances dangereuses – sans les traiter. Cette négligence a déjà provoqué, ou aurait pu provoquer, de graves dégâts sur la santé humaine, animale et sur l’environnement.
Un procès titanesque jusqu’en mai 2025
L’entreprise Think Pink, aujourd’hui en faillite, est accusée d’avoir collecté des déchets sans jamais avoir eu l’intention ou la capacité de les traiter correctement. Matériaux de construction, électronique, plastiques, pneus et même jouets s’entassaient, non triés et sans protection, avant d’être abandonnés. Au centre de ce scandale, Bella Nilsson, ex-strip-teaseuse devenue « reine des ordures », fait face à la justice. Lunettes noires sur le nez et refusant de parler aux médias, elle est l’accusée principale dans ce procès qui s’étendra jusqu’en mai 2025, dans un tribunal du nord de Stockholm.
Croissance fulgurante et chute brutale
A son apogée, Think Pink était l’étoile montante de la gestion des déchets en Suède. Entre 2018 et 2020, les sacs fuchsia de l’entreprise jonchaient les trottoirs de Stockholm, témoignant d’une croissance explosive. Think Pink avait même décroché à deux reprises le prestigieux prix récompensant la société à la croissance la plus rapide et créatrice d’emplois. Derrière cette façade de succès se cachait une histoire plus trouble, avec des acteurs comme Thomas Nilsson, ex-mari de Bella, ou encore Leif Ivan Karlsson, figure de la télé-réalité suédoise. Aux côtés de Bella, ils doivent désormais répondre de leurs actes devant la justice. Tous clament leur innocence, Bella dénonçant même un complot de la concurrence. Mais après l’arrestation de ses dirigeants, la chute a été rapide et l’entreprise a fait faillite, laissant derrière elle un scandale retentissant.
Un dossier d’enquête monumental de 45 000 pages
L’ampleur du scandale est à la hauteur du dossier. Avec 45 000 pages d’enquête et 150 témoins attendus à la barre, l’affaire Think Pink est déjà entrée dans l’histoire comme le plus grand scandale environnemental de Suède. L’avocat de Bella Nilsson, Jan Tibbling, reste confiant et assure que sa cliente pourra tout expliquer, évoquant le fonctionnement complexe du secteur des déchets. L’enquête a été concentrée sur 21 sites répartis dans 15 communes, afin de rester dans les délais légaux, mais pour les procureurs, c’est largement suffisant pour prouver la gravité des crimes.
Les demandes de dommages et intérêts s’élèvent à 260 millions de couronnes, et les communes cherchent à récupérer les coûts liés au nettoyage et à la décontamination. La commune de Botkyrka, particulièrement touchée par des incendies de déchets Think Pink qui ont ravagé la zone pendant des mois, figure parmi les principales plaignantes.