Revente des voitures électriques : le piège se referme sur les propriétaires

mars 25, 2025

L’euphorie qui entourait la voiture électrique semble s’essouffler face à une réalité économique bien plus brutale ! Si l’électromobilité a longtemps été portée aux nues comme la solution miracle à la transition énergétique, le marché de l’occasion, lui, s’écroule. Dépréciation fulgurante, coûts d’entretien sous-estimés, méfiance croissante des loueurs… Les signaux d’alerte se multiplient et la revente d’un véhicule électrique vire au cauchemar pour de nombreux propriétaires. Le point sur le sujet avec Univers Motors !

Une chute de valeur sans précédent

En quelques mois, le marché a basculé. Des modèles récents affichent des pertes de valeur allant jusqu’à 40 % en une seule année, un effondrement que peu d’acheteurs avaient anticipé. En moyenne, après trois ans, la décote atteint entre 45 % et 60 %, selon les relevés du secteur. Cette spirale est alimentée par une série de baisses de prix agressives sur le neuf, initiées notamment par Tesla, qui ont directement plombé la valeur de revente de ses propres véhicules. Résultat : des concessionnaires qui rechignent à reprendre ces voitures, des particuliers piégés avec des véhicules difficilement valorisables, et un cercle vicieux qui s’auto-entretient. A l’origine d’un espoir économique, la voiture électrique d’occasion devient aujourd’hui un fardeau difficile à écouler.

Les loueurs jettent l’éponge

Symbole de cette déroute : la décision choc du géant Hertz de se débarrasser de 20 000 Tesla bien avant le terme initial de leur contrat. Motif invoqué ? Un modèle économique devenu intenable. La perte moyenne atteint 12 000 euros par véhicule, pour un impact global de 225 millions d’euros sur la seule opération. Même son de cloche chez Sixt, qui réduit drastiquement ses commandes de voitures électriques. Ces signaux en provenance des professionnels, pourtant souvent en avance sur les tendances du marché, sont loin d’être anodins. Ils traduisent une perte de confiance structurelle, et laissent craindre une vague de mises en vente massives, qui viendraient encore tirer les prix vers le bas sur le marché de l’occasion.

Une équation technique et économique défavorable

Si les modèles électriques séduisent toujours sur le papier, leur maintenance est loin d’être anodine. Le coût moyen d’entretien est supérieur de 35 % à celui d’un véhicule thermique, en partie à cause de la complexité technique et de la mainmise des constructeurs sur les pièces et réparations. Les garages indépendants, encore peu formés et mal équipés, ne peuvent offrir d’alternative compétitive. Ajoutez à cela les inquiétudes sur les batteries, dont le remplacement peut coûter entre 7 000 et 22 000 euros selon les modèles. Leur autonomie se dégrade inévitablement avec le temps – une perte estimée entre 10 % et 20 % en cinq ans – ce qui rend le véhicule moins attractif pour un futur acheteur.

Un marché du neuf sous tension

Face à cette désillusion, le marché du neuf commence lui aussi à vaciller. Les consommateurs, désormais mieux informés sur la revente et les coûts cachés, deviennent prudents. Les constructeurs adaptent leur stratégie : le leasing avec option d’achat (LOA) devient la norme, permettant de transférer le risque de dépréciation aux organismes financiers. En parallèle, les industriels accélèrent sur deux fronts, à savoir la réduction des coûts de production, et le développement de programmes de seconde vie pour les batteries, afin de rassurer les acheteurs. Mais ces efforts, s’ils sont nécessaires, restent insuffisants à court terme pour enrayer la spirale de défiance.