Promotion immobilière : un deuxième trimestre 2024 toujours dans la tourmente

décembre 3, 2024

L’horizon reste sombre pour la promotion immobilière au deuxième trimestre 2024… Les mises en vente de logements neufs dégringolent de 42,4 %, et les permis de construire suivent la même pente avec une chute de 12,2 %. Si quelques lueurs d’espoir pointaient en juillet selon le ministère de la Transition écologique, le tableau du deuxième trimestre, dressé par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), est loin d’être rassurant. Le point sur le sujet avec Carlos de Matos du Groupe Saint-Germain !

La chute libre des permis et des mises en vente se poursuit

Didier Bellier-Ganière, délégué général de la FPI, tire la sonnette d’alarme : le « déficit de permis de construire » s’aggrave avec une baisse de 12,2 %, seulement 82 400 autorisations délivrées entre avril et juin 2024, comparé au deuxième trimestre 2023. La situation est encore plus criante pour le logement individuel, qui plonge de 20,1 % avec 18 800 autorisations, et le collectif qui dégringole de 15,1 % avec 41 200 unités. Seul l’individuel groupé s’en sort avec une légère progression (+7,4 %, à 11 300). Pour rappel, entre 2015 et 2018, le trimestre moyen comptait 113 000 permis de construire.

Au niveau des mises en vente, c’est le naufrage ! Le deuxième trimestre 2024 affiche une chute vertigineuse de 42,4 % par rapport à 2023, avec seulement 13 953 logements mis sur le marché, un niveau jamais vu depuis 2010. Sur le premier semestre 2024, la tendance est tout aussi alarmante : les mises en vente dégringolent de 36,4 %, passant de 44 238 à 27 962 unités. Et pour enfoncer le clou, sur trois quarts du territoire métropolitain, les projets sont gelés : 23 % des logements ont été retirés de la commercialisation au deuxième trimestre 2024, contre 7 % un an auparavant. Et ce, alors que certains programmes n’ont même pas encore démarré, comme le souligne Bellier-Ganière.

Les réservations pourraient souffrir de la fin du dispositif Pinel.

Les chiffres des réservations de logements sont en demi-teinte, car si les ventes globales chutent à 23 150 unités (-8,3 %), la situation est contrastée : d’un côté, les ventes en bloc plongent de 22,5 %, tandis que les ventes au détail bondissent de 24,6 % par rapport au deuxième trimestre 2023. Les rachats par CDC Habitat et Action Logement ont certes limité la casse pour les particuliers, mais Pascal Boulanger, président de la FPI, reste prudent : « Ça compense à court terme avec 13 000 réservations contre 7 000, mais ça ne suffit pas sur le long terme ».

Sur le premier semestre 2024, les ventes totales accusent une baisse de 8,6 %, passant de 47 957 à 43 839 logements vendus par rapport à l’an dernier. Les ventes en bloc dégringolent de 21,8 %, alors que les ventes au détail s’envolent de 30,3 %. Mais ce qui préoccupe le plus la profession, c’est la fin annoncée du dispositif Pinel en fin d’année. En glissement trimestriel, les ventes aux investisseurs immobiliers se sont effondrées de 30 % (4 477 ventes), et celles aux propriétaires occupants ont reculé de 18,1 % (9 034 ventes).

Mais un léger vent d’optimisme souffle tout de même. La Cour des Comptes a récemment revu son jugement sur le dispositif Pinel, reconnaissant que, malgré ses défauts, il contribue au financement du logement social et peut même stimuler certaines opérations de rénovation urbaine, comme l’a souligné Didier Bellier-Ganière. La FPI espère donc une prolongation, voire un ajustement du dispositif. Reste à voir ce que le nouveau Premier ministre, Michel Barnier, décidera. Pascal Boulanger, lors de la conférence, a été sans équivoque : « Il est plus que temps que la France prenne conscience de l’urgence de la situation ».