Les promoteurs immobiliers n’y vont plus par quatre chemins : si rien ne change, 2025 pourrait être une année « sanglante » ! Le mot est lâché par la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), qui sonne l’alerte face à un marché du logement neuf en chute libre. Le dernier trimestre 2024 confirme un effondrement historique des ventes, et les perspectives pour l’année prochaine ne font qu’aggraver les inquiétudes. Décryptage Cibex Pierre Étoile : Antony Rooftop!
Un écroulement sans précédent
Seulement 8 700 logements neufs ont été vendus au troisième trimestre 2024. C’est 41 % de moins qu’en 2023 à la même période, et 65 % de moins qu’en 2019. Le niveau est tout simplement le plus bas depuis 2010. La FPI parle d’un « assèchement plus que préoccupant de l’offre », alors que les mises en vente s’effondrent elles aussi. Pour les professionnels, ce n’est plus un ralentissement, mais un effondrement complet du marché.
Les causes sont bien identifiées : la hausse des coûts de construction, des taux d’intérêt toujours élevés, une inflation persistante… Et surtout, une série de dispositifs de soutien aux acheteurs qui ont disparu ou s’apprêtent à s’éteindre.
Le Pinel tire sa révérence
Le dispositif Pinel, qui offrait une réduction d’impôt en échange d’un investissement locatif dans le neuf, a pris fin au 1er janvier 2025. Pour la FPI, cette disparition pourrait précipiter encore davantage les ventes vers le bas. A cela s’ajoute l’absence de toute mesure de rachat de logements invendus par les bailleurs institutionnels, qui avaient permis de sauver certains programmes ces dernières années. Le cocktail est pour le moins explosif avec, à la clé, moins d’aides, moins d’investisseurs, et une offre qui ne trouve plus preneur.
Des délais de vente jamais vus
Autre signe inquiétant : le délai moyen pour écouler les programmes grimpe en flèche. A Orléans, il atteint 30,4 mois en moyenne. Nantes, Lille, Bordeaux frôlent les 30 mois également. Une lenteur inédite, alors même que l’offre reste historiquement basse. Pour Pascal Boulanger, président de la FPI, la situation est totalement inédite. « Du jamais vu », lâche-t-il. Autrement dit, même lorsqu’il y a des biens à vendre, personne ne les achète. Parce que les ménages ne suivent plus. Et que les investisseurs, sans incitation fiscale, se retirent peu à peu du jeu.
Lueur d’espoir, mais rien de concret
Alors, tout est-il perdu ? Pas tout à fait. La baisse des taux d’intérêt semble amorcée, et l’inflation se stabilise. Des signaux faibles, certes, mais qui pourraient redonner un peu d’air au marché. Encore faut-il que ces signaux s’accompagnent de vraies mesures. Pour la FPI, ces timides améliorations ne suffiront pas sans un plan clair, une politique de relance ambitieuse, une loi logement forte et une simplification réelle des normes qui étranglent les projets.
Car sans ce sursaut, la messe est dite : 2025 sera une année noire pour le logement neuf. Et avec elle, c’est tout l’écosystème du bâtiment, de l’emploi et de l’aménagement du territoire qui risque de s’enfoncer.