Gestion de patrimoine : la profession à l’heure de la transformation

juillet 21, 2025

En 2025, les cabinets de gestion de patrimoine poursuivent leur mutation à grande vitesse. Dans un paysage économique bousculé par l’inflation, les exigences ESG et l’essor des outils digitaux, le rôle du conseiller patrimonial évolue profondément. Entre consolidation du marché, pression technologique et attentes nouvelles des clients, une chose est sûre : le modèle traditionnel ne suffit plus. Le point sur le sujet avec Stellium Invest !

Le conseiller, entre stratégie,

pédagogie et confiance

Le métier de conseiller en gestion de patrimoine s’affirme plus que jamais comme une profession de proximité, malgré l’essor des plateformes automatisées. L’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne remplace pas la relation humaine, rappelle Nicolas Otton, directeur de BNP Paribas Banque Privée. Le conseiller devient un interlocuteur global, qui doit autant maîtriser la fiscalité que comprendre les projets de vie de ses clients.

Cette approche sur mesure est d’autant plus essentielle qu’elle répond à une demande croissante de sens dans les placements. Près de 81 % des professionnels français annoncent élargir leur offre en investissements responsables (ESG). Pour les jeunes générations d’investisseurs, l’éthique prime souvent autant que le rendement. Face à ces attentes, les cabinets n’ont d’autre choix que de revoir leur grille de lecture : transparence, impact, traçabilité deviennent des arguments aussi stratégiques que la performance brute.

Une digitalisation accélérée mais encadrée

Le tournant numérique, largement entamé pendant la pandémie, s’ancre durablement dans les pratiques. Portails clients, applications mobiles, suivi en temps réel des investissements… les outils digitaux s’imposent comme des standards. Mais la technologie ne se limite pas à l’interface : elle transforme les rouages internes des cabinets.

L’intelligence artificielle s’immisce désormais dans les processus de gestion. Milleis Banque, par exemple, utilise des algorithmes pour générer automatiquement des comptes rendus de rendez-vous et identifier les points-clés à traiter lors des prochains échanges. D’autres acteurs, comme Neofa, exploitent l’IA pour affiner l’écoute client et automatiser les tâches administratives. Résultat : un gain d’efficacité, mais aussi une meilleure personnalisation du conseil.

La sécurité reste toutefois un point de vigilance. L’attaque subie par Harvest, éditeur de solutions financières, en février 2025, a ravivé les inquiétudes. Dans un métier où la donnée est au cœur de la relation client, la cybersécurité devient un pilier stratégique.

Concentration du marché et montée en puissance des groupes

Le secteur connaît également une vague de consolidation. Le Groupe Orion, désormais appuyé par le fonds Ardian, fédère plus de 470 conseillers pour plus de 4,2 milliards d’euros d’encours. Même logique pour Premium, qui a absorbé neuf cabinets depuis 2021 et cible désormais le segment des family offices, à forte valeur ajoutée. Ce mouvement offre des moyens renforcés (outils, ingénierie, back-office), mais pose une question centrale : comment préserver la qualité du conseil individualisé dans de plus grandes structures ? Pour répondre à cet enjeu, certains misent sur des plateformes hybrides, d’autres sur des modèles de franchise ou de réseaux partenaires.

Parallèlement, les acteurs diversifient leur offre pour mieux répondre aux nouvelles attentes. L’intégration récente de Gridky par Premium illustre cette volonté. Avec plus de 45 000 biens immobiliers neufs référencés, la plateforme permet aux conseillers de proposer des opportunités sur mesure, en phase avec la stratégie patrimoniale de leurs clients.

Entre taux et inflation, un contexte sous tension

Le contexte macroéconomique de 2025 reste incertain. Après un pic d’inflation en 2023, les prix semblent se stabiliser. Mais le taux du Livret A, tombé à 2,4 %, pèse sur la collecte d’épargne traditionnelle. À l’inverse, l’assurance-vie retrouve des couleurs : plus de 4,5 milliards d’euros collectés en janvier, et un encours total record au-delà de 2 000 milliards.

Dans ce contexte, les gestionnaires affinent leurs allocations. Ils combinent fonds en euros sécurisés et unités de compte diversifiées (SCPI, actions, private equity). L’objectif : sécuriser, mais aussi dynamiser les portefeuilles en intégrant des classes d’actifs moins corrélées (matières premières, infrastructures…).