De plus en plus d’entreprises touchées par les accidents du travail/maladies professionnelles, mais les accidents de trajet reculent

octobre 10, 2024

Publié début octobre, le dernier baromètre BDO/OpinionWay révèle une hausse globale des déclarations d’accidents du travail et de maladies professionnelles dans les secteurs les plus exposés du privé. Si le nombre total d’incidents grimpe, on note tout de même une baisse encourageante des accidents de trajet. Décryptage !

Hausse des sinistres, mais nette diminution des maladies professionnelles et des accidents de trajet

Le dernier Baromètre BDO/OpinionWay, publié début octobre, montre des résultats pour le moins contrastés pour 2023… Les entreprises des secteurs à risque, comme l’industrie, le transport ou encore le BTP, font face à une augmentation globale des sinistres, avec 97 % d’entre elles ayant déclaré au moins un accident ou une maladie professionnelle, contre 83 % l’an dernier. Autrement dit, la sinistralité reste une réalité quotidienne.

On note toutefois un recul significatif des accidents de trajet et des maladies professionnelles : seulement 24 % des entreprises ont signalé une maladie professionnelle, alors qu’elles étaient 44 % en 2022. Même tendance pour les accidents de trajet, qui passent de 42 % à 25 %. Quant aux accidents du travail, ils touchent encore 69 % des entreprises, contre 80 % l’an dernier. En clair, si la route est encore longue, certains indicateurs laissent entrevoir une amélioration dans les pratiques de prévention et de sécurité au sein des entreprises comme le confirme l’Etablissement vérificateur des risques professionnels EVRPS. Un pas en avant, mais il reste du chemin à parcourir…

Prévention : un retard qui persiste malgré quelques progrès

Le télétravail a certainement contribué à la baisse des accidents de trajet, et la sortie de la crise du Covid a allégé la pression sur les risques psychosociaux. Mais au fond, comme le reconnaît Xavier Bontoux, avocat associé chez BDO, les explications manquent. Il est clair que les campagnes de prévention, surtout dans les grandes entreprises, ont joué un rôle. Le groupe Suez, par exemple, annonce fièrement une baisse de 35 % des accidents du travail entre 2019 et 2023 sur ses sites à travers le monde, grâce à des plans d’action impliquant ses manageurs et des équipes spécialisées en prévention. Un bel effort, certes, mais le chemin reste long.

En effet, malgré ces initiatives, 59 % des entreprises n’ont toujours pas mis en place d’accord de prévention alors que c’est une obligation légale et que les amendes sont conséquentes, un chiffre presque identique à celui de 2022 (58 %). Pourtant, depuis 2019, les employeurs comptant plus de 50 salariés sont tenus de négocier un tel accord dès lors que 25 % de leurs effectifs sont exposés à des risques au-delà des seuils réglementaires ou si leur indice de sinistralité dépasse 0,25. Or, le baromètre montre que cette obligation n’est pas suffisamment respectée. Un manque de proactivité et de prise de conscience des sanctions qui pourraient en découler, selon BDO. Résultat : beaucoup d’entreprises passent encore à côté de leurs responsabilités en matière de sécurité.