Assurance vie : ces cas où elle échappe totalement à l’impôt

janvier 27, 2025

Depuis la réforme de 2018, la fiscalité de l’assurance vie a gagné en complexité, mais elle conserve des avantages indéniables. Contrairement aux idées reçues, il existe encore des moyens d’éviter toute taxation sur les gains. Entre abattements fiscaux, exonérations spécifiques et règles avantageuses après huit ans de détention, certaines situations permettent même d’échapper totalement à l’impôt. Décryptage !

Tant que vous ne retirez pas, vous ne payez rien

C’est le principe de base de l’assurance vie : tant que l’argent reste placé, aucun impôt n’est dû. Les intérêts et plus-values s’accumulent à l’abri du fisc. Seule exception, les prélèvements sociaux de 17,2 % qui s’appliquent chaque année sur les intérêts générés par les fonds en euros. Le moment où vous sortez de l’argent du contrat – que ce soit en capital ou en rente – détermine la taxation. Mais même à ce moment, la fiscalité reste avantageuse comparée à d’autres placements financiers.

Une fiscalité ultra allégée pour les retraits après huit ans

La grande force de l’assurance vie réside dans son régime après huit ans de détention. Comme l’explique très bien la société Prodemial, chaque année, vous bénéficiez d’un abattement fiscal sur les gains retirés, à hauteur de 4 600 € pour une personne seule, et 9 200 € pour un couple marié ou pacsé. Concrètement, cela signifie qu’avec un rendement de 3 % par an, un épargnant peut sortir jusqu’à 20 000 € (40 000 € pour un couple) sans payer un centime d’impôt sur les gains.

Au-delà de cet abattement, la taxation reste particulièrement douce :

  • 7,5 % d’impôt sur les gains des versements effectués avant le 27 septembre 2017
  • 7,5 % jusqu’à 150 000 € de versements après cette date
  • 12,8 % seulement sur la fraction des gains liés aux versements dépassant ce seuil

Ajoutez à cela la possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu si c’est plus favorable, et vous obtenez un placement taillé pour optimiser la fiscalité sur le long terme.

Quid de la sortie en rente ?

Plutôt que de retirer le capital, certains assurés préfèrent transformer leur épargne en rente viagère, une solution qui assure un revenu régulier. Dès lors, la fiscalité diffère, car seule une fraction de la rente est imposable, et ce pourcentage dépend de l’âge auquel elle est mise en place. Dans le détail, on parle de 70 % si la rente est perçue avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, et 30 % après 70 ans. Autrement dit, plus on attend, moins on paie d’impôt.

A noter que ces taux sont définis dans l’article 158-6 du Code général des impôts, qui établit les pourcentages d’exonération applicables en fonction de l’âge du rentier au moment de l’entrée en jouissance de la rente.

Les cas où l’assurance vie devient totalement exonérée

Certains événements permettent de récupérer son épargne sans payer le moindre impôt, quelle que soit l’ancienneté du contrat. L’exonération concerne notamment le licenciement (hors rupture conventionnelle), la retraite anticipée, l’invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, ou encore la faillite de son entreprise. Il existe toutefois une condition, celle d’effectuer le retrait avant le 31 décembre de l’année suivant l’événement et fournir les justificatifs nécessaires. Seul bémol, les prélèvements sociaux restent dus… sauf en cas d’invalidité.

Une mécanique fiscale complexe pour les versements récents

Depuis la réforme de 2018, l’imposition des gains dépend de la date des versements. Cela signifie qu’en cas de retrait, il faut calculer séparément la part de gains associée aux sommes placées avant et après le 27 septembre 2017. Pour un rachat partiel, c’est encore plus complexe : il faut appliquer une formule proportionnelle pour déterminer quelle part du retrait est constituée de gains et quelle part correspond au capital initial. Heureusement, les assureurs disposent d’outils de calcul pour s’en charger, ce qui évite aux épargnants de s’y perdre.